6. juil., 2012

Mars en bleu

Chris réussit à s'extraire du souterrain, pour accéder à une sorte de promontoire, en deçà duquel, un  paysage martien se découvrait à 360°. Un ancien cratère où se cotoyaient une grande variété de roches. Le ciel était uniformément orangé. Le soleil n'apparaissait pas quand  une brume poussièreuse filtrait la lumière et rendait ses rayons imprécis. Chris baignait dans une ambiance étrange, presque inquiétante. Il se mit à penser en bleu. Comme un blues de la Terre. Eloignée de soixante millions de kilomètres, pensa t-il. Il était aussi étrange d'appartenir à deux mondes aussi différents. Sa vision s'adaptait à voir dans l'orange. Mais il pensait en bleu. Le bleu du ciel. le bleu plus profond des mers où il s'était baigné, même le bleu intense des peinture de Klein et celui des vitraux de la cathédrale de Chartres remontaient à sa mémoire, recréant le paysage. Les hommes ne pourront pas faire autrement que de transformer Mars en une nouvelle Terre, se dit-il. Ici, il n'y a pas de végétation, pas de repères verticaux, pas de signes de vie. Un paysage horizontal, caillouteux, sans chemin. Une morne désolation, comme avait dit Aldrin de la Lune.